Face à la colère des lycéens, il faut une réponse politique
Depuis le lundi 28 septembre, lycéens et étudiants se mobilisent partout en France. Derrière les images de blocages et de heurts, il y a des demandes précises que l’État a le devoir d’entendre.
Remplacer les professeurs absents. Avoir des bâtiments dignes de ce nom. Pouvoir étudier dans des salles où l’on ne suffoque pas dès les premières chaleurs. Rien de tout cela n’est excessif. C’est le fonctionnement normal d’un service public que nos impôts financent et que chaque famille est en droit d’attendre.
Ces jeunes expriment aussi autre chose : le sentiment d’une génération qui se sent laissée de côté, alors que l’accès aux études, à un emploi stable ou à un logement devient toujours plus difficile. Leur mal-être n’est pas un manque de volonté, c’est la conséquence de choix politiques.
J’étais à leurs côtés à Grenoble le mardi 6 octobre.
Je condamne bien sûr les débordements, les violences et les incendies, qui ont été, il faut aussi le dire, souvent le fait de jeunes extérieurs aux blocages devant les lycées. Inacceptables en elles-mêmes, ces violences détournent le regard des revendications et desservent le mouvement.
Le gouvernement doit écouter et agir
Aujourd’hui, ce qu’il faut, c’est une réponse politique. Le gouvernement doit écouter. Le gouvernement doit agir. Parier sur le durcissement et le pourrissement de la mobilisation serait une grave erreur.
Cette semaine, lors des questions au gouvernement, les députés du groupe Écologiste et social ont interpellé le ministre de l’Intérieur sur les interventions policières, et le ministre de l’Éducation nationale sur le manque de moyens dont disposent les lycées. Je reste mobilisé et je continuerai de suivre de près le mouvement lycéen et étudiant, ainsi que les réponses qui pourront y être apportées.
Nos jeunes méritent toute notre attention et tous nos efforts. Nous leur devons un avenir.
Jérémie Iordanoff